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rubans colorés virevoltants au vent

Les bases du mordançage en teinture naturelle : comment fixer la couleur ?

  • il y a 2 jours
  • 14 min de lecture

Le mordançage, en teinture naturelle, est la partie immergée de l’iceberg. De prime abord, la teinture naturelle semble accessible : faire une infusion de plantes pour teindre du textile. Mais on se rend rapidement compte qu’il existe tout une partie moins visible mais tout aussi essentielle : le mordançage.


Dans cet article, je vais tenter de démystifier cette étape, souvent redoutée, du mordançage afin de la rendre plus accessible.


Si tu n’es pas encore à l’aise avec le processus complet de teinture naturelle, je te conseille de lire d’abord mon guide sur le processus global de teinture naturelle dont le mordançage n’est qu’une partie.


sels métalliques en poudre

Qu’est-ce qu’un mordant en teinture naturelle ?


Le mordant est une substance appliquée sur le tissu qui va permettre de fixer durablement la couleur sur les fibres. Historiquement, le terme ‘’mordant’’ signifie ‘’qui mord’’ en latin. Et cette définition est très adéquate car le mordant va venir mordre le tissu pour s’y lier solidement.



Les sels métalliques utilisés comme mordants


Il existe plusieurs mordants en teinture naturelle et tous sont des sels métalliques. Le terme de “sel métallique” sonne souvent comme peu naturel. Et si on les appelait plutôt des sels minéraux, ce serait plus acceptable ? 


En effet, les sels métalliques et les sels minéraux réfèrent aux mêmes types de molécule. Le terme de ‘’sel métallique’’ est utilisé en chimie alors que le terme de ‘’sel minéral’’ est utilisé dans le domaine de la nutrition. Fondamentalement, les deux termes réfèrent aux mêmes substances.


De plus, les sels métalliques utilisés en teinture sont des composés présents en grandes quantités dans notre environnement et surtout dans les sols. Respectivement, l’aluminium et le fer sont les 3ème et 4ème éléments les plus abondants dans la croûte terrestre.



Le mordant fixe la couleur sur le tissu


Comme décrit dans l’introduction, le mordant ‘’mord’’ le tissu pour s’y fixer chimiquement : il forme une première liaison chimique avec la fibre textile. On peut imaginer la molécule de mordant ayant deux pinces, comme un crabe. Une pince se fixe à la fibre textile et la seconde pince viendra fixer une molécule colorante. La couleur est ainsi fixée durablement sur le textile.


Bien sûr, je décris ici une version simplifiée de la réalité. Les réactions chimiques induites varient selon le sel métallique utilisé.


Sans mordant, la molécule colorante vient tout de même se coincer entre les fibres textiles, c’est pour cela que l’on obtient quand même des couleurs sans mordançage. Mais cet enchevêtrement est mécanique et les moindres frottements (lavage, contact avec la peau) vont déloger ces molécules colorantes coincées et faire pâlir la teinture prématurément.



L’influence du mordant sur la couleur finale


Reprenons l’image du crabe assimilé à une molécule de mordant. Comme il existe différentes espèces de crabe, il existe différents types de mordants. Chaque espèce de crabe à une façon bien à elle d’attraper une molécule colorante dans le bain de teinture. La façon dont le crabe (donc le mordant) attrape la molécule colorante va avoir une influence sur la couleur finale du tissu.


D’autres paramètres vont également influencer la couleur finale. Par exemple, si le crabe est stressé par l’acidité du vinaigre ou détendu dans un bain alcalin, il n’attrapera pas non plus la molécule colorante de la même façon. C’est pourquoi, on observe des nuançages différents selon l’acidité du bain de teinture.



bains de mordançage

C’est quoi le mordançage en teinture naturelle ?


On sait maintenant ce qu’est un mordant : un petit crabe bien utile. Parlons maintenant du mordançage, en quoi ça consiste ?

Évidemment, on reconnaît la racine commune avec le terme mordant. Le mordançage, c’est l’action qui consiste à mettre en relation les fibres textiles et le mordant.



La rencontre entre le mordant et les fibres textiles


Les fibres textiles et les métaux sont, à priori, deux choses solides. Il est donc rare que ces deux éléments se mélangent spontanément. L’intervention humaine est donc nécessaire afin de provoquer la rencontre ultime. Pour ce faire, nous allons devoir créer un milieu propice à la rencontre, dans lequel les fibres comme les métaux sont à l’aise. Et ce milieu qui va agir comme vecteur, c’est généralement l’eau !



Le mordançage : une pratique ancestrale


Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’Homme moderne n’a en aucun cas inventé le processus de teinture naturelle. Les techniques de teinture et de mordançage étaient déjà employées par nos ancêtres depuis l’âge de pierre. Ils utilisaient d’ailleurs déjà des sels métalliques pour fixer les colorants issus des plantes sur les fibres textiles.



La chimie du mordançage expliquée simplement


Qu’on utilise des sels métalliques en poudre ou une casserole en métal, il est nécessaire de solubiliser ces molécules métalliques afin qu’elles puissent atteindre les fibres textiles. Pour filer la métaphore du crabe, assimilons le bain de teinture à la mer. Dans la mer, les crabes sont mobiles et libres de se fixer où ils le souhaitent. Tant qu’ils ne sont pas fixés sur un rocher ou à une algue, ils sont instables et sont ballotés au gré des marées.


C’est la même chose pour les molécules de mordant : les ions métalliques sont relativement instables et vont tenter de se stabiliser en se fixant sur les fibres textiles. Et ce processus est facilité en milieu aqueux car l’eau permet d’ouvrir les fibres et de les rendre plus accessibles.



Un processus qui améliore la stabilité de la couleur


Lors d’une marée, si le crabe est fermement accroché à une algue avec sa pince gauche, il est partiellement stabilisé. Sa pince droite étant toujours libre, il va chercher à la combler avec une petite crevette qui passe par là. On assimilera la crevette à la molécule colorante.

Le mordant établit donc une liaison solide entre les fibres textiles et les molécules colorantes. En chimie, on parle de liaisons covalentes.



fibres textiles mordancées différemment

Comment mordancer un tissu en teinture naturelle ?


Après avoir vu la théorie, et j’espère que la métaphore du crabe t’a aidé à visualiser, on entre dans le vif du sujet. On détaille ensemble les paramètres clés à ajuster lors du mordançage.



L’eau comme vecteur du mordant


Comme on l’a vu précédemment, les molécules de mordant et les fibres textiles ont besoin d’un lieu de rencontre. Ce milieu est généralement l’eau mais ce n’est pas toujours le cas ; on pourra utiliser n’importe quel liquide dans lequel les fibres et les sels métalliques sont solubles. 


De plus, il est essentiel de veiller à ce que les fibres immergées dans le bain soient libres de bouger facilement afin d’obtenir un mordançage homogène. Si le tissu est plié dans le bain de mordançage, le pli sera mordancé différemment et la couleur finale du tissu sera hétérogène.



La température comme accélérateur du mordançage


Comme lors de l’étape de teinture, il est possible de réaliser l’étape de mordançage à chaud ou à froid. Pour chaque étape, l’élévation de la température du bain de mordançage ou de teinture, va accélérer le processus. On peut alors mordancer en seulement quelques minutes.


En revanche, si le mordançage est réalisé à froid, il faudra laisser le textile se mordancer au moins un nuit dans le bain afin d’avoir un mordançage optimal.



Le moment du mordançage influence la couleur finale


Un autre paramètre qui entre en jeu quant à l’élaboration de la couleur, est le moment du mordançage. Ce moment est relatif à l’étape de teinture. 


En effet, si le mordançage a lieu avant l’étape de teinture, on parle de pré-mordançage. Si le mordançage a lieu en même temps que la teinture, on parle de mordançage simultané. Et si le mordançage a lieu après l'étape de teinture, on parle de post-mordançage. Je vais détailler chaque type de mordançage dans la partie suivante.



deux types de mordançage avec l'oignon jaune

Les différents types de mordançage en teinture naturelle


L’étape de mordançage est généralement une étape ponctuelle qui précède, accompagne ou nuance la teinture. Mais on va voir qu’il est aussi possible de combiner plusieurs types de mordançage afin d’obtenir encore plus de nuances.



Le pré-mordançage (avant la teinture)


Comme mentionné plus haut, le pré-mordançage a lieu avant l'étape de teinture. Ce type de mordançage est le plus logique chimiquement. Si tu te souviens de la métaphore avec le crabe, on a vu qu’il se fixe d’abord à l’algue donc aux fibres textiles, puis il capte la crevette. Le mordançage du tissu avant la teinture permet au tissu d’attirer plus de molécules colorantes qu’un tissu non mordancé. Le mordant fixé aux fibres multiplie alors le nombre de sites de fixation de molécules colorantes ce qui permet à un même tissu de fixer plus de couleur et donc d’avoir une couleur finale plus intense.



Le mordançage simultané ou anté-mordançage


A contrario, lors du mordançage simultané, le mordant est d’abord en contact avec les molécules colorantes car ils sont ensemble dans le bain. Les liaisons entre le mordant et les colorants se forment donc en premier.


C’est seulement lorsque l'on ajoute le tissu dans le bain, que le complexe mordant+colorant peut se fixer aux fibres textiles.


Un problème apparaît lorsque tous les sites de fixation sont occupés par des molécules colorantes, le complexe mordant+colorant ne peut donc plus se fixer aux fibres. La couleur finale risque donc d’être moins intense.



Le post-mordançage pour modifier la nuance


Le post-mordançage a lieu après l’étape de teinture. Le tissu déjà coloré est alors plongé dans un bain de mordançage qu’on appelle aussi nuançage. Mais tu dois te demander, comment les colorants ont pu se fixer aux fibres si on n’a pas appliqué de mordant au préalable ? C’est une bonne question.


Rappelle-toi, dans la première partie, j'expliquais que les molécules colorantes viennent se coincer dans les fibres textiles ouvertes par l’eau ou grâce à d'autres molécules (comme les tannins) présentes dans l’infusion de plantes.


C’est ce qui se passe ici, lorsqu’on applique la teinture en premier. Puis, dans un second temps, quand on applique le mordant, celui-ci vient fixer chimiquement aux fibres, les molécules colorantes seulement coincées au préalable. Selon le mordant utilisé leur du post-mordançage, la couleur obtenue sera différente. 



Combiner plusieurs types de mordançage


Si on veut obtenir encore plus de nuances ou bien obtenir une couleur plus intense, il est possible de combiner plusieurs types de mordançage


Par exemple, on applique d’abord un pré-mordançage avec de l’alun afin d’optimiser la fixation de la couleur lors de l’étape de teinture. Dans un deuxième temps, on réalise l’étape de teinture. Puis, lors d’une troisième étape, on applique un post-mordançage au fer afin de faire virer la couleur vers une nuance plus foncée. Lorsque l'on ajoute un second mordant après teinture, celui-ci se lie sur un site libre du premier mordant et modifie ainsi la couleur finale.



différents mordants en solutions

Les différents mordants en teinture naturelle : effets sur la couleur et dosages


On a vu qu’un mordant est obligatoirement un sel métallique. Et des métaux, il en existe une grande quantité, mais tous ne pourront pas donner de bons mordants. Je détaille dans les paragraphes ci-dessous, les mordants les plus communs, leur utilité et leur dosage usuel.


D’un point de vue sécurité, je tiens à rappeler que c’est la dose qui fait le poison. En grande quantité ou suite à une exposition prolongée, les sels métalliques peuvent être toxiques. Il convient à chacun de se renseigner avant leur utilisation et d’utiliser des équipements de protection si nécessaire.



L’alun intensifie et illumine la couleur


L’alun est le terme employé pour définir un mordant dérivé de l’aluminium. Ce mordant est le plus couramment utilisé, car il ne modifie pas la teinte obtenue, mais la renforce et intensifie la couleur. Sous forme de poudre, il a la couleur blanche ; en solution, il est incolore.


Les sels d’aluminium, appelé aussi sels d’alun, sont déclinés en plusieurs versions qui sont chimiquement différentes et qui ont des usages différents : 


  • l’alun de potassium est le mordant historique qui s’utilise sur tout type de fibres à raison de 20% du poids des fibres (= PDF) sèches à teindre.

  • le sulfate d’aluminium ou sulfate d’alumine est recommandé pour les fibres d’origine animale comme la laine et la soie :  on l’utilise à 10% du poids des fibres.

  • l’acétate d’aluminium est recommandé pour les fibres d’origine végétale comme le coton et le lin : on l’utilise à 12% du poids des fibres.

  • le lactate d’aluminium est un mordant récent qui s’utilise sur tout type de fibres à raison de 8% du poids des fibres sèches à teindre.


Pour intensifier les rouges, on utilisera en combinaison avec l'alun, de la crème de tarte.



Le fer assombrit et rend les teintes plus foncées


Le fer est le deuxième mordant le plus utilisé après l’alun. Les deux se complètent bien, car le mordant au fer assombrit les couleurs en les faisant virer vers le brun, le kaki ou le violet. Sous forme de poudre, il a une couleur verte ; en solution, il est d’abord grisâtre puis il prend la couleur de la rouille après oxydation.


Il existe également différentes formes chimiques du sel de fer : 


  • le sulfate de fer qui s’utilise pour mordancer les fibres d’origine animale à raison de 1% PDF.

  • l’acétate de fer qui s’utilise pour mordancer les fibres d’origine végétale à raison de 3% PDF.

  • le lactate de fer qui mordance tous types de fibres à raison de 1% PDF.



Le cuivre verdit certaines teintures


On a l’habitude de la couleur orangée du cuivre. En teinture naturelle, on utilise l’oxyde de cuivre comme mordant qui a une couleur bleu-vert comme certains toits. La poudre de sel de cuivre et la solution seront toutes deux de couleur bleue.


Le sel de cuivre existe également sous différentes formes chimiques : 


  • le sulfate de cuivre qui s’utilise pour mordancer les fibres d’origine animale à raison de 3% PDF.

  • l’acétate de cuivre qui s’utilise pour mordancer les fibres d’origine végétale à raison de 5% PDF.


L’étain éclaircit et peut bleuir les nuances


Ma première rencontre avec l’étain remonte aux cours de technologie au collège avec lequel on soudait des circuits imprimés. En teinture naturelle, on utilise le sel d’étain sous forme de poudre beige qui donne une solution blanchâtre.


L’étain était historiquement utilisé en teinture naturelle sous forme de chlorure stanneux. Il est aujourd’hui moins utilisé à cause de sa potentielle toxicité.



Le chrome réchauffe et rougit les teintes (avec précautions)


Le chrome est également un mordant historique décrié pour sa toxicité. N’ayant moi-même jamais testé, je ne décrirai pas plus ce mordant.



Le titane intensifie les jaunes


Le titane est utilisé en teinture naturelle sous forme d’oxalate de titane. Il s’utilise à raison de 3% sur les fibres d’origine végétale et intensifie les jaunes.



noix de galle riche en tanins

Différences entre mordants, fixateurs et adjuvants en teinture naturelle


Une confusion persiste autour des mordants, des fixateurs et des adjuvants de teinture. Dans ce paragraphe, je vais aborder chaque type de substance afin de clarifier leur utilité en teinture naturelle.  



Le mordant lie chimiquement la couleur à la fibre


Comme on l’a vu précédemment, le sel métallique se lie chimiquement aux fibres textiles et aux molécules colorantes afin de fixer durablement la couleur. Ces liaisons chimiques sont solides et ne peuvent pas facilement être détruites.



Le fixateur s’enchevêtre entre les fibres


Par fixateurs, je veux parler des plantes qui sont utilisées comme alternatives aux mordants comme par exemple les feuilles de rhubarbe qui contiennent de l’acide oxalique ou les tannins.

Ces fixateurs créent également des liaisons chimiques avec les fibres et les colorants, mais ces liaisons sont moins fortes que les liaisons chimiques avec un mordant. Les liaisons avec les fixateurs peuvent plus facilement être détruites par frottements par exemple.


Par contre, lorsque ces fixateurs sont utilisés en combinaison avec un sel métallique, le lien entre fibres textiles et colorants est renforcé. La couleur sera alors encore plus durable qu’avec un mordant seul.



L’adjuvant modifie les conditions du bain de teinture


De plus, pour favoriser encore davantage la création de liaisons solides entre les fibres, le mordant et le colorant, il est possible de modifier les conditions du bain de teinture en ajoutant des adjuvants. Ces derniers jouent essentiellement sur l’acidité du bain de teinture afin de favoriser certaines interactions.


Pour acidifier le bain, on peut notamment ajouter du vinaigre ou de la crème de tartre. Pour alcaliniser le bain, on utilisera du bicarbonate de soude ou des cristaux de soude selon l’intensité désirée et le type de colorant.



fibres textiles prêtes à teindre

Adapter le mordançage au type de fibres


En teinture naturelle, on teint exclusivement des fibres d’origine naturelle. Ces fibres peuvent être d'origine animale ou végétale. Il est alors essentiel de différencier le processus de mordançage selon le type de fibres car elles ont chacune leurs spécificités.



Les fibres d’origine animale : laine et soie


Les fibres d'origine animale ou fibres protéiques sont les plus sensibles. Pour ce type de fibre, on privilégie un mordançage à froid afin d’éviter les variations de chaleur qui pourraient feutrer la laine par exemple. L’agitation des fibres dans le bain de mordançage est toujours essentielle, mais doit être faite avec délicatesse pour les mêmes raisons.



Les fibres d’origine végétale : coton, lin et chanvre


Contrairement à leurs cousines animales, les fibres d’origine végétale ou fibres cellulosiques sont peu sensibles à la chaleur et aux mouvements. Étant d’ailleurs plus difficiles à mordancer et à teindre, on favorise un mordançage à chaud qui permet d’ouvrir plus amplement les fibres afin que le mordant se fixe plus profondément donc plus solidement.


Peu d'erreurs sont possibles avec les fibres cellulosiques alors je conseille souvent de commencer à pratiquer la teinture et le mordançage avec ce type de fibre.



Le rôle des tanins dans le mordançage des fibres cellulosiques


Afin d'optimiser le mordançage des fibres végétales, on peut réaliser un premier bain riche en tanins avant d’appliquer le mordant. Les tanins vont faciliter la fixation des sels métalliques sur les fibres cellulosiques et permettent ainsi d’obtenir des teintes plus saturées.



couleur d'oignon jaune sans mordançage

Toutes les plantes n’ont pas besoin de mordançage


On a vu que le mordançage est essentiel en teinture naturelle si on veut obtenir des couleurs durables. Pour confirmer une règle, il y a toujours des exceptions. Dans cette partie, on va parler de ces exceptions : les colorants qui n’ont pas forcément besoin de sel métallique pour être fixés sur le tissu.



Les plantes tinctoriales riches en tanins


Dans la nature, les tannins sont très présents. Un grand nombre de plantes en contiennent. Ces plantes, utilisées en teinture naturelle, n’auront pas forcément besoin de mordançage préalable pour fixer leur couleur sur les fibres textiles. En effet, comme décrit précédemment, les tanins vont jouer le rôle de fixateur de couleur.


Les plantes tinctoriales riches en tanins les plus connues sont les pelures d’oignon et les fanes de carottes.



Le cas particulier de l’indigo


La chimie de l'indigo est assez compliquée et mériterait un article de blog dédié au sujet. Mais pour résumer le processus, les molécules précurseurs de l’indigo ne sont pas liées chimiquement aux fibres textiles. Elles s'enchevêtrent dans les fibres textiles ouvertes grâce à l’alcalinité de la cuve. La couleur bleue se forme alors au contact de l'oxygène contenu dans l’air lorsqu’on ressort le textile du bain. C’est pourquoi il est nécessaire de plonger plusieurs fois le tissu dans la cuve afin de la saturer en couleur.



casserole réactive en aluminium

Alternatives au sels métalliques en poudre : mordancer de façon écologique


Avec la prise de conscience écologique, certaines teinturières préfèrent éviter l’utilisation de sels métalliques. Personnellement, ce qui m'embête surtout est d’utiliser des sels métalliques en poudre issus de l’industrie chimique. Nous allons voir qu’il y a des alternatives intéressantes pour obtenir des sels métalliques plus “propres”.



Les plantes naturellement riches en minéraux


La tendance de ces dernières années est à l’utilisation de plantes dites bioaccumulatrices de sels métalliques. C’est le cas du Symplocos ou du Lycopode qui accumulent des sels d’aluminium dans leurs tissus. Quand ces plantes sont infusées, les sels métalliques sont relâchés dans le bain et peuvent ainsi agir comme un mordant.


Le Myrobolan quant à lui, est une source de tanins et non une plante bioaccumulatrice de sels minéraux.



La marmite de teinture comme source de mordant


Une deuxième option du mordançage écologique consiste à utiliser des casseroles de teinture fabriquées avec un métal spécifique qui peut agir comme mordant. On pourra citer les casseroles en aluminium par exemple. Quand le bain de teinture est chauffé dans ce type de casseroles réactives, des molécules d’aluminium migrent dans le bain de teinture et vont pouvoir agir comme mordançage simultané sur les fibres textiles.


Extraire un mordant à partir d’objets métalliques 


Se procurer une panoplie de casseroles réactives peut être compliqué. Il existe alors une troisième technique écologique pour fabriquer ses propres sels métalliques : c’est la technique de la soupe de clous d’India. Le principe consiste à plonger des clous rouillés dans du vinaigre pour en extraire, après plusieurs semaines, un mordant au fer.


soupe de clous mordant au fer




Et toi, quelle a été ta plus grande découverte en lisant cet article ?


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Sources


La proportion de métaux dans la croûte terrestre 



Les mordants, leurs usages et leurs dosages



2 commentaires

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Carole
il y a une heure

Carole , wouah ! Merci ! Enfin un article complet et détaillé


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yaprak
il y a 3 heures

Super, merci pour cet article et de prendre le temps de partage de connaissance

😍


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La teinture naturelle, c'est encore un peu flou pour toi ?

C'est normal, c'est un sujet complexe !

 

J'ai écris un guide global sur la teinture naturelle qui explique les principes fondamentaux.

 

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