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Créer des couleurs sur textiles avec la teinture naturelle

La teinture naturelle, c’est quoi ?

La teinture naturelle est à la fois un art et une science : elle consiste à colorer les textiles en fibres naturelles (coton, lin, laine ou soie) grâce de colorants d’origine naturelle, issus du règne végétal, fongique, animal et/ou minéral.

 

On emploie également le terme de teinture végétale pour qualifier les teintures réalisées à partir de plante.​​

Le mordancage en teinture naturelle

La science des couleurs naturelles

La teinture repose sur des réactions chimiques qui permettent de fixer durablement la couleur sur les fibres textiles. Ici, “chimique” ne signifie pas artificiel : les réactions chimiques sont au cœur de la vie, comme la photosynthèse ou la respiration.

​​En teinture, les réactions chimiques principales se déroulent lors du mordançage, le mordant vient s’accrocher sur la fibre, et lors de la teinture, le colorant vient se fixer sur le mordant.

​​​​​​​L’art de teindre

La teinture est un processus créatif et modulable. Elle permet de laisser libre cours à votre imagination et de créer des pièces textiles uniques. La teinture s’adapte à toi et à tes envies, et non l’inverse.

Une pratique ancestrale

La teinture naturelle est utilisée depuis l’âge de pierre, et a traversé les siècles jusqu’à la révolution industrielle et l’avènement des colorants synthétiques. Aujourd’hui, elle séduit à nouveau grâce à sa dimension durable et écologique.

L'origine de la teinture
Dilution d'un colorant dans un liquide
Dispersion des pigments dans un liquide

Distinction entre colorant et pigment

Il est essentiel de différencier colorants et pigments :

👉🏼 Le colorant est soluble, il se dissout dans un liquide (eau, alcool, huile) pour se fixer sur les fibres.

👉🏼 Le pigment est insoluble et peut seulement être dispersé dans un milieu sous forme de particules.

 

En teinture naturelle, on utilise à plus de 90 % des colorants, car la solubilité est indispensable pour obtenir des couleurs en bain. Les pigments peuvent quant à eux être utilisé en impression de surface.

Les bienfaits de la teinture naturelle

Bien qu'oubliée depuis un demi-siècle, la teinture naturelle est petit à petit remise au goût du jour. Elle est aujourd’hui plébiscitée notamment pour des raisons écologiques face aux teintures synthétiques. Des recherches scientifiques mettent également en lumière les bénéfices pour la peau que les teintures naturelles apportent au tissu. Et c’est sans compter sur l’état méditatif de la teinturière qui créait une variété de couleurs harmonieuses.​​​

La teinture naturelle vs la teinture synthétique : comprendre les différences

La teinture naturelle utilise des colorants issus de plantes, champignons, insectes ou lichens, tandis que les teintures synthétiques sont dérivées du pétrole. Les colorants naturels sont biodégradables, alors que les colorants synthétiques génèrent une pollution importante, notamment en termes :

  • dépendance aux ressources fossiles

  • certains colorants synthétiques sont cancérigènes

  • rejet d’eaux usées colorées difficile à traiter

 

Cependant, il serait réducteur d’opposer totalement les deux systèmes. L’industrie textile actuelle produit un volume trop important pour être entièrement couvert par les teintures naturelles. Pour teindre toute la production mondiale avec des plantes, il faudrait mobiliser des surfaces agricoles colossales, en concurrence directe avec les cultures alimentaires.

 

👉🏼 La transition réaliste consiste d’abord à sensibiliser le consommateur sur sa consommation de textile puis à rééquilibrer les marchés, en augmentant la part de teintures naturelles.

 

👉🏼 À long terme, avec une diminution de la surproduction textile et une consommation plus raisonnée, les teintures naturelles pourront reprendre une place centrale.

Etiquette indiquant l'origine de la teinture

Et si une étiquette indiquait l’origine de la teinture ?

C’est une piste prometteuse : informer la provenance des colorants permettrait aux consommateurs de faire des choix éclairés.

Les propriétés médicinales des vêtements teints naturellement

Les plantes tinctoriales sont aussi souvent des plantes médicinales. Les molécules qui donnent leur couleur, comme les flavonoïdes par exemple, possèdent des propriétés bioactives bénéfiques pour la peau :​

  • antibactériennes

  • anti-allergiques

  • anti-inflammatoires

  • parfois anti-UV

Propriétés des textiles teins naturellement

La plante confère au textile teint des propriétés intéressantes telles que limiter les mauvaises odeurs ou les irritations. Les personnes ayant une peau sensibles pourront alors favoriser des vêtements teints naturellement.

Une palette harmonieuse et une pratique méditative

La teinture naturelle est un processus lent, qui nécessite du temps : préparation des fibres, extraction des couleurs, bains successifs… Cette temporalité crée un espace propice à la concentration, à la sensorialité et à la créativité. Teindre devient une pratique méditative, presque rituelle.

 

De plus, les couleurs naturelles possèdent une harmonie unique.

Qu’importe les plantes utilisées, les nuances semblent se compléter instinctivement : ocres, verts doux, bruns chauds, roses terreux, jaunes lumineux… Une palette qui “tombe juste” naturellement.

Nuancer : impacts et précautions de la teinture naturelle

Comme toute pratique, la teinture naturelle comporte quelques nuances à prendre en compte.

On critique parfois l’usage des sels métalliques (mordants) utilisés pour fixer les couleurs. Il est vrai que manipulés en grande quantité et sans précaution, certains peuvent être irritants ou toxiques pour l’homme et son environnement.

 

Cependant :

  • les sels métalliques (aluminium, fer…) sont naturellement présents dans le sol,

  • l’aluminium est le troisième élément le plus abondant dans la croûte terrestre et le fer est quatrième.

  • il existe des alternatives plus douces, comme le mordançage à base de fixateurs naturels comme les tanins.

 

👉 L’essentiel est de pratiquer en conscience : se protéger, respecter les dosages et toujours diluer ou neutraliser les bains concentrés avant de les jeter dans la nature.

Protection de la planète

L’importance de la préparation de fibres à recevoir la couleur

Quand on parle de teinture, on imagine seulement le moment de la coloration du tissu. Mais en réalité, pour obtenir des couleurs vives et durables, il est essentiel de respecter des étapes bien définies pour préparer les fibres à recevoir la couleur.

Fibres textiles naturelles

Le choix des fibres naturelles

La première étape consiste à vérifier la composition du tissu que l’on veut teindre. Pour ce faire, rien de plus facile que de vérifier sur l’étiquette que les fibres sont bien d’origine naturelle.

 

On retiendra le coton, le lin ou le chanvre qui sont des fibres d’origine végétale. Mais aussi la laine et la soie qui sont des fibres d’origine animale. On écartera les fibres synthétiques comme le polyester, le nylon et l’acrylique qui sont quasiment impossibles à teindre avec des colorants naturels.

 

Cependant, les fibres dites artificielles qui sont fabriquées à partir de pulpe de bois pourront être teintes naturellement : on connaît bien la viscose mais le modal et le lyocell sont des alternatives à favoriser car leurs processus de fabrication sont plus respectueux de l’environnement.

Le lavage et le dégraissage des textiles

La deuxième étape du processus de teinture, le nettoyage des fibres,  est souvent négligée alors qu’elle s’avère être l’étape clef pour permettre au mordant puis au colorant d’atteindre la fibre pour s’y fixer.

 

En effet, les fibres textiles sont recouvertes d’apprêts industriels et parfois de substances naturellement présentes sur les fibres, deux éléments qui empêchent la fixation de la couleur sur les fibres. Ces substances sont généralement de nature grasse, comme la lanoline naturelle sur la laine ou les cires industriels sur coton, ce qui rend le tissu partiellement imperméable à l’eau et donc aux colorants qu’elle véhicule.

Le lavage et le dégraissage des fibres est alors essentiel surtout sur des textiles neufs. Les textiles de seconde main ayant déjà subi plusieurs lavages sont moins concernés mais nécessiteront tout de même au moins un dégraissage.

Apprêts textiles

Les paramètres de ces deux étapes varient selon la nature des fibres et il faut notamment veiller à la température et à l’alcalinité de l’eau pour les fibres d’origine animale.

Le mordançage avec des sels métalliques

La troisième et dernière étape de la préparation des fibres est appelé le mordançage. Comme son nom l’indique, le mordant “mord” la fibre pour s’y fixer chimiquement et être prêt à fixer les molécules colorantes que l’on va lui présenter. Chimiquement, le mordant est un sel métallique.

 

D’ailleurs, il s’appelle “sel” mais il n’a rien à voir avec le sel de table ! Le sel métallique est le résultat d’une réaction chimique entre un métal et un acide, permettant ainsi de rendre le composé métallique soluble dans l’eau, propriété essentielle pour atteindre les fibres à mordancer.

 

Selon l’acide utilisé pour former le sel métallique, celui-ci prendra un nom différent : le sulfate de fer est issu d’une réaction ru fer avec l’acide sulfurique alors que l’acétate de fer et issu d’une réaction avec l’acide acétique (vinaigre). Tous deux auront les propriétés chimiques d’un mordant au fer, c’est-à-dire nuancer la couleur en la fonçant.

Le mordancage textile

Les mordants les plus utilisés sont l’alun, l’acétate d’aluminium, le sulfate de fer, le sulfate de cuivre, le chlorure d’étain ou le sulfate de chrome. Mais attention, certains de ces mordants peuvent présenter une toxicité pour l’Homme et pour son environnement.

 

Il est nécessaire de se renseigner avant utilisation et d’être certain du composé chimique que l’on se procure.

 

L’application du mordant sur les fibres textiles peut se faire à différents moments du processus de teinture :

  • en pré-mordançage, juste après le dégraissage et avant l’étape de teinture,

  • en mordançage simultané, c’est-à-dire dans le bain de teinture en même temps que la coloration,

  • en post-mordançage, après l’étape de coloration des fibres afin d’en nuancer la couleur.

L’alternative aux mordants : les fixateurs naturels

Les sels métalliques sont parfois critiqués pour leur toxicité, ce qui a favorisé l’apparition de fixateurs naturels. Leur efficacité dépend du type de fibres. Les fibres d’origine animale comme la laine ou la soie donnent de beaux résultats car la nature protéique de ces fibres leur confèrent une affinité naturelle avec les colorants. A contrario, pour pallier le manque d’affinité des fibres d’origine végétale avec les molécules colorantes, on va « animaliser » les fibres à l’aide de liquides riches en protéines, comme le lait de soja, afin d’améliorer la fixation des couleurs.


Les tannins sont également employés en teinture naturelle, soit seuls en tant que fixateurs ou en combinaison avec des mordants en tant qu’adjuvant pour renforcer la solidité des couleurs dans le temps. Si on veut éviter les sels métalliques,  les tannins s’emploient en combinaison avec le lait de soja sur les fibres cellulosiques ou bien seul pour traiter les fibres protéiques, lesquelles peuvent aussi être traitées avec de l’acide oxalique (issu des feuilles de rhubarbe ou de betterave), en prenant toutefois des précautions en raison des vapeurs irritantes dégagées lors de la cuisson.

Sources de tannins

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femme portant des tissus et une casserole

Comprendre le bain de teinture et créer des motifs

 

La technique la plus répandue de teinture naturelle est la teinture en bain qui crée des teintures unies. On cuit des plantes dans l’eau pour en extraire leurs colorants puis on y plonge le tissu à teindre. Il est également possible de créer des motifs en utilisant des techniques de réserve ou d’impression textiles.

Teindre en bain

Le bain de teinture repose sur un principe simple qui consiste à dissoudre des colorants dans un liquide, le plus généralement dans l’eau, ainsi, ils pourront facilement aller se fixer sur le textile plongés dans le bain. Pour accélérer l’extraction des colorants à partir de matériaux naturels, il va falloir chauffer l’eau dans laquelle ils sont plongés. L’élaboration d’un bain de teinture suit les étapes suivantes :

  1. sélectionner la plante pour teindre

  2. extraire les colorants de la plante dans un liquide

  3. préparer les fibres textiles à recevoir la couleur

  4. teindre les fibres dans le bain

  5. rincer les fibres et les faire sécher

Marmite de teinture

​Lors de la macérations des plantes et de la coloration des fibres plusieurs paramètres peuvent être ajustés pour faire varier la couleur finale. On mentionnera également la possibilité de réaliser un second bain de teinture, de modificateur d’acidité ou de post-mordançage afin de modifier la couleur finale. Afin d’avoir une couleur uniforme, il est essentiel que le tissu teint puisse bouger librement dans le bain.

Teinture solaire

Le savais-tu ?

 

Il existe également une technique low-tech de teinture pour laquelle on utilise la chaleur du Soleil.

 

La teinture solaire consiste à placer dans un bocal en verre transparent, les plante tinctoriales et le tissu à teindre et du placer le bocal au Soleil pendant plusieurs jours.

Créer des motifs aléatoires

 

Pour personnaliser ses teintures, il est possible de créer des motifs par pliage du tissu. La technique la plus connue est le shibori japonnais qui consiste à former des plis sur le tissu fixés par des élastiques de façon à former des zones blanches une fois le tissu teint. Cette technique peut également être réalisées avec des pinces à linge ou en coinçant le tissu entre deux morceaux de bois serrés fermement.

De la même façon, le froissage du tissu dans un récipient de teinture trop étroit, donnera un effet marbrée à l’étoffe qui peut être intéressant.

Pour finir, on mentionnera la teinture à la glace qui consiste à teindre le tissu grâce à la fonte de glaçons. Et la teinture vapeur avec des morceaux de végétaux ou des extraits de colorant en poudre qui donneront des rendus abstraits magnifiques.

Imprimer les fibres avec des motifs complexes

 

Même en teinture naturelle, il est possible de faire des impressions précises. En effet, il est facile de peindre à même le tissu ou de reproduire un dessin grâce à un pochoir ou un tampon en utilisant différentes pâtes d’impression. Il existe trois types de pâte différente :​

  • les pâtes de mordant qui permettent d’imprimer en positif des motifs noirs ou colorés,

  • les pâtes de réserve qui permettent d’imprimer en négatif des motifs blancs,

  • la pâte décolorante qui permet d’imprimer en négatif des motifs type “délavés”,

  • les peintures textiles qui permettent d’imprimer en positifs des motifs colorés.

Impression textiles

Comme leur nom l’indique, ces pâtes doivent être épaisses afin d’être appliquées sur le tissu sans baver. Pour ce faire, on utilisera des épaississants spécifiques à chaque type de pâte. De plus, il faudra adapter la texture de la pâte à la nature du tissu à imprimer et à la finesse du motif.

Découvre toutes les techniques de teinture naturelle

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Les plantes tinctoriales nous entourent

 

En vérité, toutes les plantes sont tinctoriales mais toutes les teintures ne tiennent pas dans le temps. Dans cette partie, on va voir quelles plantes utiliser pour teindre et surtout quelles couleurs donne chaque plante. Quand on débute la teinture, on commence souvent dans sa cuisine. Quand on commence à maîtriser le processus, on essaye de teindre avec les plantes sauvages de nos récoltes et seulement par la suite, on ose s’attaquer aux plantes dites grand teint. Chaque type de plante sera détaillé ci-dessous et on abordera également les autres sources de couleurs comme les champignons, les lichens et certains insectes.

Commence par teindre avec des déchets de cuisine

 

La cuisine est une source sous-estimée de matériel tinctorial. De nombreuses épluchures peuvent être utilisées pour teindre ; les plus connues sont les pelures d’oignon et je te recommande vivement d’essayer si tu débutes en teinture. On pourra également citer les peaux et les noyaux d’avocat ou les fanes de carottes, mais la liste est longue alors je te conseille de tester différentes plantes.

Plantes riches en anthocyanes

Malheureusement certaines teintures issus des déchets de cuisine vont pâlir ou brunir avec le temps, c’est normal. Les molécules colorantes sont classées en plusieurs familles et celle des anthocyanes qui donnent leur couleur rouge aux fraises, violette aux chou rouge ou bleu aux haricots noir sont particulièrement sensibles. Mais je t’encourage tout de même à expérimenter avec elles, car elles te permettent de comprendre comment l’acidité du bain de teinture peut influencer la couleur finale.

Apprends à cueillir des plantes tinctoriales

 

Une autre source importante de plantes tinctoriales est tout simplement la nature. On distinguera les plantes au bord du chemin et les plantes cultivées au jardin. Dans tous les cas, quelle que soit la plante récoltée, elle donnera toujours une coloration au tissu plus ou moins intense selon la plante. Une propriété intéressante qui influe sur la teinture est la teneur en tannins de la plante et les plantes sauvages en sont très riches.

Dans la catégorie des plantes sauvages, les plantes suivantes ont un fort potentiel tinctorial : la tanaisie, le solidage verge d’or ou les orties.

Pour les plantes cultivables au jardin, j’aime citer : les coréopsis, les cosmos classiques et sulfureux, les roses d’inde ou les roses trémières, la sauge ou le romarin.

Fleurs de cosmos
Feuilles de sauge

Bien sûr, il existe beaucoup plus de plantes susceptible de donner des couleurs intéressantes. Je t’invite à consulter le blog à la section des nuanciers botaniques, j’aime expérimenter avec des plantes inhabituelles et y partager mes résultats.

 

J’ai cité beaucoup de fleurs et de feuilles mais il est également intéressant de se pencher sur les écorces, les racines et les fruits. Les possibilités sont infinies !

Les trois plantes à maitriser pour fabriquer toutes les couleurs

 

Les plantes grand teint sont des plantes qui donnent une teinture stable dans le temps, à la lumière, à la sueur et au lavage. Ce sont des plantes utilisées historiquement (avant l’arrivée des colorants synthétiques) car elles ont prouvé leur résistance dans le temps.

Théorie de la couleur

Savais-tu qu’en maîtrisant seulement trois couleurs, tu pouvais réaliser toutes les couleurs ?

 

En effet, si on s’intéresse à la théorie de la couleur, en maîtrisant les trois couleurs primaires, toutes les autres couleurs sont accessibles. Ce principe s’applique aussi à la teinture puisqu’en sachant faire du bleu, du rouge et du jaune puis en les mélangeant, on pourra créer toutes les couleurs.

🔵 En teinture naturelle, le bleu solide provient de l’indigo qui peut être extrait de différentes plantes comme le pastel des teinturiers ou la persicaire à indigo cultivable sous nos latitudes.

🔴 Le rouge le plus pur est extrait des racines de garance en suivant un processus d’extraction en deux macérations.

🟡 Enfin, le jaune pourra être extrait de différentes plantes à jaune mais le réséda des teinturiers est la plus conseillée en termes de solidité.

Pour obtenir plus de couleurs à partir des trois couleurs primaires, on utilisera la technique de sur-teinture qui consiste à appliquer d’abord une première teinture puis une seconde voir une troisième selon la teinture finale désirée. Si on veut fabriquer un vert, on fera d’abord une première teinture à l’indigo puis une seconde au réséda. Si on désire du vert sapin, on appliquera plusieurs couches d’indigo et si on désire un vert anis, on appliquera plusieurs couches de réséda. Les combinaisons sont infinies.

Les autres sources de couleur 

 

Les plantes ne sont pas les seules matières naturelles à être tinctoriales. On peut également teindre à partir de colorants extrais des champignons, des lichens, des algues, de certains animaux ou même des minéraux. Le processus de teinture reste le même : on extrait les colorants dans un liquide et on les fixent sur le tissu à l’aide d’un mordant.​

Champignons, lichen et algues tinctoriales

Dès lors que l’on veut teindre avec une nouvelle matière, il est essentiel de se renseigner avant sur les précautions à prendre et sur le processus d’extraction et de teinture. Il est également important de noter que la croissance des lichens est extrêmement lente et qu’il est nécessaire de pratiquer une cueillette responsable. Il en va de même pour toutes les espèces récoltées en sauvage.​

Revaloriser les textiles anciens grâce à la teinture naturelle

 

La teinture naturelle s’inscrit généralement dans une démarche écologique. La question de choisir une source d’approvisionnement en textile à teindre se pose alors et la majorité des teinturières s’orientent vers des textiles de seconde main. Dans cette partie, je te propose différents tutoriels pour revaloriser ces tissus anciens.

Miser sur les textiles de seconde main

Textile de seconde main

Comme on l’a vu dans la section sur la préparation des fibres, il est essentiel d’utiliser des fibres lavées puis récurées pour teindre. Dans cette optique, l’utilisation de textiles de seconde main peut être d’un grand avantage car ils auront déjà subi plusieurs lavages.

⚠️ Le désavantage des textiles de seconde main est qu’ils peuvent être tâchés par des tâches qui ne se voient pas à l’oeil nu mais se révèle lors de la teinture. C’est un risque à prendre mais il est toujours possible de composer avec ses tâches inopinées en faisant un post-mordancage au fer pour uniformiser la couleur ou en peignant des motifs avec des pâtes de mordants aux endroits tâchés.

Reconnaitre les différents types de fibres

En ressourcerie, il est facile de se procurer différents types de fibres : en lisant les étiquettes des vêtements ou du linge de maison, on pourra facilement dénicher du coton et de la laine. Pour le lin et la soie, il faudra être plus assidu car ces fibres se font plus rares surtout en blanc ou en beige.

 

Avec l’expérience, il est également possible de différencier ces fibres au toucher et pour certifier leur nature, on pourra réaliser le test de la flamme en toute précaution évidemment.

J’ai moi-même revaloriser plusieurs pièces pour lesquelles j’ai détaillé le processus de teinture dans les articles de blog suivants :

Comme on l’a vu précédemment, les teintures naturelles peuvent être sensibles à de nombreux facteurs comme la lumière, les frottements ou la sueur. Lorsque l’on teint une pièce en contact avec la peau et que l’on va laver souvent, certaines teintures peuvent changer et c’est normal car on a à faire à du vivant !

 

Dans tous les cas , il est toujours possible de reteindre une pièce avec la même plante ou avec une autre afin de redonner de l’éclat au tissu. Le vêtement évolue avec la teinturière !

Prévoir ses couleurs grâce aux nuanciers à teindre

Chaque plante peut donner plusieurs couleurs selon le mordançage du tissu. Afin de t’aider à choisir quelle couleur utiliser pour ton prochain projet, j’ai créé les nuanciers à teindre qui révèlent toutes les couleurs d’une plante en un seul bain. Ces nuanciers se déclinent en différentes fibres selon tes besoins.

Nuanciers botaniques de camomille jeune

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Dévoile toutes les couleurs d'une plante en un seul bain !

Foire aux questions

Un point n’a pas été abordé sur cette page ? Peut-être que tu vas trouver une réponse dans cette partie ! Sinon, pose-moi ta question directement grâce au formulaire ci-dessous. Je serais ravie de te répondre :)

Quelle est la différence entre teinture végétale et teinture naturelle ?

On définit la teinture végétale comme une catégorie de la teinture naturelle. En effet, la teinture naturelle englobe tous les processus qui permettent d’extraire de la couleurs de matières naturelles comme les plantes, les champignons, les insectes etc… Alors que la teinture végétale réfère seulement à l’extraction de colorants à partir de plantes.

Comment entretenir un tissu teint naturellement ?

Plusieurs facteurs peuvent altérer un tissu teint naturellement dont la lumière directe, les frottements et la lessive. La meilleure pratique pour conserver la couleur originelle est de laver le moins souvent possible le textile et de la stocker à l’abri de la lumière. Par exemple, un pull en laine a seulement besoin d’être aéré, il n’est pas nécessaire de la laver en machine. Si un lavage en machine est nécessaire, on utilisera du savon de Marseille, une température de lavage basse (40°C maximum) et un séchage à l’ombre. Lors des premiers lavages, il est possible que la couleur dégorge.

Est-ce que les sels métalliques sont toxiques ?

La toxicité est liée à la dose. En grande quantité, les sels métalliques sont toxiques. Lors du mordançage, la manipulation de sels métalliques en poudre puis en solution concentrée nécessite une protection avec des gants, des lunettes et un masque. Après mordançage, quand le tissu est sec et a été rincé, les sels métalliques sont solidement fixés aux fibres textiles et le tissu peut donc être manipulé avec moins de précautions pour l’étape de teinture.

Puis-je teindre sans mordant ?

Certaines plantes riches en tannins peuvent être utilisées sans mordant. En effet, les tannins jouent le rôle de fixateur des colorants sur les fibres et on peut alors se passer de mordant (entendre ici, sels métalliques). Par exemple, on pourra teindre directement avec les pelures d’oignon jaune ou rouge, les écorces de grenade ou les châtaignes.

Que faire du bain de teinture après avoir teint ?

Après avoir tient son tissu dans le bain de teinture, celui-ci est généralement encore coloré ce qui signifie qu’il est possible de teindre d’autres étoffes dans ce bain quitte à obtenir des nuances plus claires. C’est la première façon d’épuiser un bain de teinture.

La deuxième façon consiste à congeler le bain sous forme de glaçons pour en faire de la teinture à la glace. On peut aussi transformer le bain en pigment, à l’aide d’un mordant et d’un alkali, pour ensuite en faire de la peinture aquarelle ou des craies grasses.

Suite à l’une ou l’autre technique d’épuisement du bain de teinture, et une fois le bain neutralisé (pH), il peut servir à arroser le jardin ou les fleurs.

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